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TEMPS DE LA SEPTUAGÉSIME

 

          1.  le temps de la septuagésime est celui qui s’écoule depuis le 9eme  dimanche avant Pâques jusqu'au mercredi des Cendres. Il compte trois dimanches appelés Septuagésime (70eme), Sexagésime (60eme) et Quinquagésime (50eme).

               Ces noms ont passé dans l'usage, non pour exprimer un nombre de jours, mais par similitude de consonance avec le nom de quadragésime (40eme) que porte le 1er dimanche du Carême, c'est-à-dire du temps pendant lequel on jeûne 40 jours. Dans le Missel on les appelle : dominica in septuagesima, in sexagesima, in quinquagesima, c'est-à-dire dimanche dans la 7eme dizaine avant Pâques (61eme jour) ; dans la 6eme dizaine (54eme jour), dans la 5eme dizaine (47eme jour).

 

          2. Le temps de la Septuagésime a pour origine la pratique des 40 jours de jeûne qui, depuis les 1ers siècles, ont précédé la fête de Pâques.         1.  En Orient, ou l'on ne jeûnait ni le dimanche ni le samedi, excepte le Samedi Saint, la sainte quarantaine commençait 7 semaines avant Pâques et comptait 36 jours de jeûne.

    2. En Occident, ou l'on ne jeûnait que 4 jours par semaine (lundi, mardi, mercredi et vendredi), le jeûne commençait 9 semaines avant Pâques, c'est-à-dire le lundi après le dimanche de la Septuagésime et durait aussi 36 jours "afin de donner à Dieu, comme disait saint Grégoire le Grand, la dime de l'année".

    3. Lorsque, au IXeme siècle, le jeûne commença au mercredi des Cendres, comme aujourd'hui, les trois semaines précédentes restèrent, sous le nom de temps de la Septuagésime, comme une préparation à la pénitence du Carême.

 

          3. Bien que le jeûne ne soit pas obligatoire pendant le temps de la Septuagésime, l’Église nous invite déjà à faire pénitence. Elle supprime l’Alléluia à la messe et à l'office ; aussi, comme adieu à cette joyeuse exclamation qu'elle ne fera plus entendre avant la Messe du Samedi Saint, elle en met deux au Benedicamus Domino et au Deo gratias des Vêpres du samedi qui précède la Septuagésime. L'Alleluia qu'elle supprime après le Graduel est remplacé par le Trait, et, après le Deus in adjutorium, par laus tibi, Domine, Rex oeternae gloria.

          Le Gloria in excelsis et le Te Deum, qui ne vont pas l'un sans l'autre, et l'Ite Missa est sont également supprimés, mais dans les offices du temps seulement pendant lesquels on prend les ornements violets.

          Les chants joyeux sont supprimés à partir du dimanche de la Septuagésime "ou l'on dépose, dit le Martyrologe, le cantique du Seigneur, qui est l'alleluia".

 

          4. Pendant le temps de la Septuagésime l’Église propose à nos méditations des lectures qui, en mettant sous nos yeux les funestes effets du péché originel, font mieux ressortir la nécessité de la Rédemption.

    1. Dans les Épîtres, saint Paul nous rappelle que la vie est un combat et que nous ne serons couronnés que si nous luttons contre nos mauvais penchants ; qu'à son exemple les hommes apostoliques auront beaucoup à souffrir pour étendre le royaume de Dieu ; que les œuvres ne sont rien sans la charité. 

    2. Les Évangiles nous rappellent que la Rédemption s'étend à tous les ages, mais que le salut dépend de la fidélité avec laquelle on répond à l'appel divin ;   que nous devons faire fructifier la parole de Dieu ; que Jésus, par les mérites de sa Passion, délivre l'humanité coupable de son aveuglement, si elle a la foi en lui comme l'aveugle de Jéricho qu'il a guéri.

 

          5. Pendant que l’Église cherche à développer en nos âmes l'esprit de pénitence, afin de nous préparer aux rigueurs de la sainte Quarantaine, le monde se livre aux folles joies du carnaval. Aussi, pour réparer les désordres commis a cette époque et en éloigner les fidèles, l’Église convoque ses enfants, pour les prières des quarante heures, aux pieds de Notre-Seigneur solennellement exposé sur les autels.

  Les prières des quarante heures, ainsi appelées à cause de leur durée, ont lieu, pendant 13 ou 14 heures, le dimanche de la Quinquagésime et les deux jours suivants, lundi et mardi gras.

  Ces prières réparatrices des Quarante heures furent inaugurées à Lorette pendant le carnaval de 1556. Pour réparer les scandales que donnait une troupe de comédiens, dont les représentations étaient fort licencieuses, les Pères Jésuites, avec l'autorisation de l’évêque, exposèrent, pendant ces trois jours, le saint Sacrement dans leur chapelle splendidement décorée. Ils attirèrent les fidèles par des prières, des prédications et des chants. La pratique des prières des Quarante heures s'est rapidement répandue dans l'univers catholique.

 

 

 

 

CALENDRIER LITURGIQUE

MERCREDI DES CENDRES

 

     1. L’Église inaugure le temps du Carême par l'imposition des cendres qui se fait le mercredi de la semaine de la Quinquagésime, appelé pour ce motif mercredi des Cendres. A l'exemple des Ninivites qui firent pénitence sous la cendre et le cilice, l’Église veut ainsi, au début de la sainte quarantaine, humilier notre orgueil et nous rappeler la sentence de mort que nous devons subir à cause de nos péchés.

Les cendres, en effet, dans la Sainte Écriture sont l'emblème de l'humilité, de la pénitence et du néant de l'homme.

     Avant la messe, le célébrant bénit solennellement des cendres qui proviennent ordinairement de la combustion des rameaux. Puis il impose les cendres sur la tonsure des clercs et sur le front des fidèles, en faisant un signe de croix et en prononçant les paroles que Dieu fit entendre à Adam après son péché : "Souviens toi, homme, que tu es poussière et que tu retourneras poussière."

     Nous devons recevoir les cendres dans des sentiments d'humilité et de contrition pour expier les péchés que l'orgueil nous a fait commettre.

 

     Les formules de la Messe qui suit sont bien la conclusion de la cérémonie des cendres puisqu'elle parlent de craintes à cause de nos péchés, mais aussi de confiance dans le pardon si nous sommes résolus à faire une sincère pénitence.

 

     2. Cette cérémonie des cendres rappelle celle qui avait lieu autrefois en ce même jour pour les pécheurs condamnés à la pénitence publique.

     Au moyen age, en effet, ceux qui s’étaient rendus coupables d'une faute grave et scandaleuse devaient en faire une pénitence publique.

     Le premier jour du Carême, ils se présentaient à la porte de la cathédrale, couverts d'un sac, pieds nu et avec toutes les marques d'un cœur repentant. L'évêque, suivis du clergé, les faisait entrer dans l'église où ils se prosternaient ; puis il bénissait les cilices qu'ils devraient porter pendant la sainte Quarantaine. On chantait sur eux les sept psaumes de la pénitence, on les aspergeait et on couvrait leur tête de cendres bénites. Ils étaient ensuite conduits hors de l'église, au chant des paroles de la Genèse par lesquelles le Seigneur chassa nos premiers parents du Paradis terrestre. A partir de ce moment, ils étaient exclus des assemblées des fidèles jusqu'au Jeudi Saint qui était le jour marqué pour leur confession et leur absolution sacramentelles.

 

     La cérémonie des cendres fut ainsi réservée d'abord aux pécheurs publics. Dans la suite, de pieux fidèles, par humilité, se mêlèrent aux pécheurs publics pour les encourager en participant à leur pénitence.

     Enfin, vers la fin du XIeme siècle, lorsque la pénitence publique devint plus rare, par suite du ralentissement de la ferveur, l’Église prescrivit l'imposition des cendres à tout les fidèles, et même aux clercs, comme cela se pratique aujourd'hui. Cependant, l'imposition des cendres aux pécheurs public persista, dans quelques diocèses jusqu'au XVIIIeme siècle.

     A l'origine, pour se préparer à la cérémonie des Cendres, les fidèles avaient l'habitude de se confesser la veille : de là vient que le mardi gras porte encore, en anglais, le nom de "mardi de la confession" (shrove tuesday).

 

 

 

 

 

 

TEMPS DU CARÊME

 

 

     1. Le Carême est un temps de jeûne  et d'abstinence, institué pour honorer et imiter le jeûne de Notre-Seigneur dans le désert et nous préparer par la pénitence à la grande fête de Pâques.

     Le jeûne du Carême (de quadragésime, quarantaine) commence le mercredi des Cendres, dure 40 jours et se termine le samedi Saint a midi.

     Saint Jérôme fait remarquer que ce nombre 40 est généralement celui de la peine, de l'affliction, de la pénitence. Les eaux du déluge tombèrent pendant 40 jours et 40 nuits ; Moïse et Élie se préparèrent a s'approcher de Dieu, le 1er sur le Sinaï, le second sur l'Horeb par un jeûne de 40 jours ; en punition de leurs murmures, les Juifs errèrent pendant 40 ans dans le désert ; enfin Notre-Seigneur voulut se soumettre aux rigueurs d'un jeûne de 40 jours pour nous donner un exemple a imiter.

 

     2. Le jeûne du Carême serait d'institution apostolique. Sa durée et le temps sur lequel il s’étendait varia beaucoup au cours des 1ers siècles, comme on la vus à propos de l'origine du temps de la Septuagésime.

     A Rome, vers le VIIIe siècle, aux 6 semaines de jeûne qui précédaient Pâques (dimanches exceptés, ce qui donnait 36 jours) on ajouta les 4 derniers jours de la semaine avant Pâques, pour parfaire le nombre de 40 jours de jeûne. Cette pratique est aujourd'hui universelle dans l’Église romaine, excepté dans l’Église de Milan qui a conserver l'ancien usage : son jeûne commence le lundi de la Quadragésime et dure 36 jours.

 

     3. Le Carême n'est pas seulement un temps de jeûne et d'abstinence, auxquels tout le monde, à cause de l'age ou de la faiblesse, ne peut pas se livrer, mais un temps de pénitence, de prière et de recueillement.

     C'est cette idée de sainte quarantaine de vie chrétienne plus intense, de retraite spirituelle, qui dominait, lorsque, à l'origine le premier dimanche de cette quarantaine fut appelé Quadragésime, c'est-à-dire 40e jour avant Pâques. Ce dimanche était bien le 40eme jour, non pas avant le dimanche de la Résurrection, mais avant le vendredi de la mort du Sauveur, car au IIIe et au IVe siècle les fêtes pascales comprenaient, comme dit saint Augustin, " le très saint triduum du Sauveur crucifié, mis au tombeau et ressuscité ".

     La Secrète du dimanche de la Quadragésime nous rappelle, en effet, qu'a l'origine, le mot sainte-quarantaine s'appliquait au temps du Carême et non au nombre de jours de jeûne puisqu'on y lit : " Seigneur, nous immolons solennellement ce sacrifice au commencement de Carême..." De même, la récitation publique des heures canoniales ne tient pas compte des quatre jours de jeûne qui précèdent ce premier dimanche de Carême, puisque les Vêpres continuent à se dire, jusqu'au samedi avant la quadragésime, à l'heure habituelle et non avant midi, comme en Carême.

 

     4. A partir du VIIe siècle au moins, les chrétiens de Rome, pendant le Carême, assistaient tous les jours a une Messe stationnale. C'est pourquoi le missel romain  contient une messe pour chacun des jours du carême et l'indication de l’Église stationnale. Dans d'autres pays comme en Gaule, ils n'y assistaient que le dimanche, le mercredi et le vendredi.

     Ce n'est pas d'un seul coup que les Messes stationnales furent établies à Rome pendant la sainte Quarantaine ........ Ce ne fut qu'au VIIe siècle que les jeudis eurent leur messe stationnale, parce que jusque-là, le jeudi avait été le jour consacré à Jupiter (c'était le dimanche des païens) et il ne fallait pas, par une cérémonie religieuse, paraitre s'associer à leur fête.

     A Rome, la Messe stationnale, en Carême, se disait après None, à 3 heures du soir ; elle était suivie des Vêpres et ce n’était qu'après, vers le coucher du soleil qu'on rompait le jeûne. Plus tard, la Messe et les Vêpres furent avancées et le repas fut porté à 3 heures, vers le XIIIE siècle, et à midi, vers le XIVe siècle.

 

Carême
Carême

 

 

 

     5. Il y a une Messe spéciale avec lectures et chants propres pour chacun des jours du carême, parce que l’Église comptait sur cette quarantaine pour instruire les fidèles et préparer les catéchumènes au baptême et les pénitents à l'absolution. C'est en effet la préparation des catéchumènes au baptême et des pénitents au pardon qui forme le thème principal des lectures et des chants du Carême.

  1. dans les Évangiles, elle enseigne aux pécheurs qu'il n'y a de salut pour eux qu'en imitant le jeûne de Notre-seigneur, c'est à dire en faisant pénitence ; à tous elle montre les heureux effets des sacrements de Pénitence et d'Eucharistie. Elle rappelle les principaux enseignements et les grands faits de la vie publique du Sauveur ; son sermon sur la montagne, ses nombreuses instructions sur le jeûne, la charité, le pardon des injures ; ses paraboles de Lazare et du mauvais riche, des vignerons homicides, de l'Enfant prodigue ; ses guérisons du serviteur du centenier, de la fille de la Chananéenne, du paralytique de la piscine probatique, de l'aveugle né ; sers miracles de la multiplication des pains, des vendeurs chassés du temple, de sa marche sur les eaux, de sa transfiguration ; ses résurrections du fils de la veuve de Naïm, de Lazare.
  2. La préface qu'elle fait lire jusqu'au dimanche de la Passion parle des avantages du jeûne qui réprime les vices et engendre les vertus.
  3.  Aux Vêpres, elle chante l'hymne Audi benigne et aux saluts, dans plusieurs diocèses, l'Attende ; ces deux chants répondent bien aux sentiments de pénitence et de prières qui caractérisent ce saint temps du Carême. 

      6. Aujourd'hui, les fidèles assistent rarement aux offices de la semaine et lisent peu les paroissiens publiés à leur usage, aussi, pour suppléer à ce défaut d'instruction, l’Église a-t-elle établi les stations de carême durant lesquelles les prédicateurs s'efforcent de préparer les chrétiens à se confesser et à faire une bonne communion pascale.

 

  7. Aux signez de tristesse et de pénitence de la Septuagésime:ornements violet, suppression de l'alleluia, du Gloria in excelsis, du Te Deum, de l'Ite Missa est, l’Église ajoute encore pendant les offices du temps, à l'exception du dimanche Lœtare (4e du Carême), l'interdiction de jouer de l'orgue et de mettre des fleurs sur l'autel ; elle enlève au diacre la dalmatique et au sous diacre la tunique ; les jours de jeûne, après la Postcommunion, elle récite une oraison sur le peuple précédée de l'invitation à l'humilité ; "Humiliez vos têtes devant Dieu". La célébration solennelle des mariages est également interdite.

     Autrefois les tribunaux suspendaient leurs travaux ; la chasse et la guerre étaient prohibées afin de consacrer le plus de temps possible à la prière e taux bonnes œuvres.

 

     8. En ce temps de pénitence, il n'y avait autrefois aucune fête de saints. Les Grecs ont conservé cet usage, car ils pensent que la célébration des fêtes est incompatible avec le jeûne ; ils ne font exception que pour les fêtes de l'Annonciation, 25 mars, et de saint Mathias, 24 février. L’Église romaine est moins rigoureuse ; cependant elle n'en admet qu'un tout petit nombre, par respect pour l'ancienne coutume.

     Les Grecs schismatiques poussent l'exagération jusqu'à prétendre que la communion sous les deux espèces est capable de rompre le jeûne. C'est pourquoi ils ne disent la Messe que le samedi et le dimanche, qui ne sont pas jours de jeûne. A la Messe du dimanche, le célébrant consacre six hosties, en consomme une et garde les cinq autres pour les jours suivant, où ils ont seulement, comme les Catholiques le Vendredi Saint, une Messe des présanctifiés.

 

     9. Le Carême compte six dimanches qui sont désignés soit par le premier mot de l'Introït, soit par le sujet de l’Évangile.

     Les jours les plus remarquables du temps du Carême sont : le mercredi des Cendres, le 4e dimanche, le dimanche de la Passion, le dimanche des Rameaux, et les trois derniers jours de la Semaine Sainte.