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Connaître le cycle de l'Année liturgique

 

 

SEMAINE SAINTE

 

 

     1. La semaine qui commence après le dimanche des rameaux est appelée semaine sainte ou grande semaine à cause de la sainteté et de la grandeur des mystères qui s'y sont accomplis, car c'est la semaine ou Jésus-Christ a réconcilié les hommes avec Dieu, en mourant sur la croix. le nom de Semaine sainte, le plus commun, a été étendus a chacun des jours qui la composent : on leur donne le nom de Saints.

     2. l'office des Matines et des laudes, qu'on chante la veille du Jeudi Saint et des deux jours suivant, porte le nom de Ténèbres parce qu'on le chantait autrefois pendant la nuit et dan les ténèbres plus ou moins complètes.

  Ces offices revêtent un caractère de deuil, de tristesse et de douleur. Ils n'ont ni Deus in adjutorium, ni invitatoire, ni Gloria Patri à le fin des psaumes, ni Hymne, ni Capitule, ni Bénédiction, ni Dominus vobiscum, ni Benedicamus Domino. ces omissions de tout ce qui rends agréable le chant de l'office, et l'adjonction du Christus factus est, du Miserere et de l'oraison Respice qui termine toutes les Heures, nous font comprendre que l’Église s'occupe exclusivement à gémir sur les pêchés du genre humain et à compatir aux tourments du rédempteur.

 

JEUDI SAINT

 

     Le Jeudi saint l’Église honore les mystères de la dernière Cène : (lavement des pieds, institution de la sainte Eucharistie et du sacerdoce) et l'agonie de Nôtre-Seigneur au jardin des Oliviers.

  Pour entrer dans l'esprit de l’Église nous devons : 1 faire, s'il se peut la communion et assister autant que possible aux diverses cérémonies de la journée ; 2 visiter les reposoirs, et, pendant ces visites, remercier Jésus-Christ d'avoir institué la sainte Eucharistie et lui faire amende honorable pour les outrages qu'il a reçus pendant sa Passion et pour ceux qu'il reçoit dans son adorable Sacrement.

  Le Jeudi Saint il n'y a régulièrement qu'une seule Messe dans chaque église.

  A cette Messe, qui est toute entière de l'Eucharistie, on prends les ornements blancs, l'autel est orné en signe de joie, le voile violet de la croix est remplacé par un voile blanc, on chante le Gloria in excelsis et on sonne en même temps toutes les cloches qui ne se feront plus entendre jusqu'au Samedi saint ; elles symbolisent les apôtres qui s’étaient cachés pendant la Passion.

  Le célébrant consacre deux grandes hosties ; l'une dont il se communie, et l'autre qu'il réserve pour le Vendredis Saint.

  Après la Messe, on porte solennellement, en procession, au chant du Pange Lingua, le calice qui renferme l'hostie consacrée en vue de la messe des présanctifiés du lendemain, et on le place dans un lieu préparé et orné avec soin, appelé reposoir ou tombeau.

    

     Après la psalmodie des Vêpres du Jeudi saint on dépouille les autels de leurs ornements, en mémoire de Jésus-Christ que l'autel représente, et qui, dans sa Passion, fût dépouillé de ses vêtements.

 

     La cérémonie du lavement des pieds consiste en ce que le souverain Pontife, les évêques, et quelquefois les curés, lavent les pieds a douze ou treize pauvres, en souvenir de l'exemple d'humilité donné par Nôtre-Seigneur lorsqu'il lava les pieds a ses Apôtres.

 

VENDREDI SAINT

 

     Le vendredi saint l’Église honore les mystères de la passion et de la mort de Jésus-Christ sur la croix. elle met sous nos yeux cet ineffable spectacle, afin que, touchés de vifs sentiments de contrition pour nos péchés, nous disposions nôtre âme a retirer les plus grands fruits de la rédemption.

  Ce jour la, l’Église manifeste son deuil et sa douleur en prescrivant a ses ministres de prendre des ornements noir comme pour les défunts. Elle conseille à tout ses enfants d'assister pieusement à ses offices et de faire le chemin de la croix pour exciter dans leurs âmes l'horreur du pêché qui a causé la mort du rédempteur.

     Dans l'office de l’après midi du Vendredi saint il y a quatre cérémonies principales : la Messe des catéchumènes, les oraisons, l'Adoration de la croix et la Messe des présanctifiés.

 

SAMEDI SAINT

     Le Samedi saint l’Église honore la sépulture du corps de Nôtre-seigneur et la descente de son âme aux limbes. C'est pourquoi, ce jour reste consacré à la pénitence et au jeûne, jusqu'à midi ; autrefois, il n'y avait pas de Messe ce jour là, et, actuellement il n'y a pas de Messe basse : on ne dit que celle qui fait partie de l'office du matin.

  toutefois, ces mystères ne sont célébrés qu'aux hures canoniales, car l'office du matin est le commencement de la fête pascale. A l'origine, cet office office avait lieu dans la nuit du samedi au dimanche , c'était la grande veillée ; au VIIIe siècle, il fut avancé au samedi soir, et, vers le XIIe siècle, au samedi matin.

  Pour sanctifier ce jour nous devons nous inspirer des sentiments de foi et de piété qui animaient les saintes femmes lorsque elles se rendirent au tombeau, et prendre la résolution d'ensevelir dans ce même tombeau nos péchés et nos convoitises afin de vivre désormais de la vie de Jésus-Christ.

     Les principales cérémonies de l'office du Samedi Saint sont : 1. La bénédiction du feu nouveau et des cinq grains d'encens ; 2. La bénédiction du cierge pascal ; 3. les leçons ou prophéties ; 4. La bénédiction des fonts baptismaux et le chant des litanies des saints ; 5. La Messe

 

 

 

TEMPS PASCAL

 

     Le temps pascal c'est le temps qui commence à l'Alleluia de la messe du Samedi Saint et se termine le samedi après la Pentecôte. Il dure huit semaines ou 56 jours.

  Ce temps est consacré a célébrer les joies de la résurrection de Notre-Seigneur. C'est pourquoi les efforts de ce temps respirent l’allégresse ; leur couleur liturgique est le blanc ; l'Alleluia y est très souvent répété ;  le Regina Coeli remplace l'Angelus, ainsi que l'Ave le Regina Coelorum à l'office ; le Vidi Aquam tient lieu de l'Asperges me.

  Autrefois en signe de joie et de triomphe, les prières se faisaient debout, comme le Dimanche ; les Grecs on conservés cette habitude, tandis que les latins ne disent plus, dans cette posture, que le Regina Coeli ; on ne jeûnait pas durant tout ce temps, et les règles monastiques les plus rigoureuses se pliaient généralement à cette pratique de joie et d’allégresse.

  Aujourd'hui, on jeûne la veille de la Pentecôte et les Quatre-Temps placés durant l'octave de cette fête.

 

     Le temps pascal comprend Pâques et son octave, les dimanches après Pâques, l'Ascension, la Pentecôte et son octave. Durant ce temps on fait aussi la procession de saint marc et celle des Rogations.

 

 

PÂQUES ET SON OCTAVE

 

 

     Pâques, la grande fête chrétienne, célèbre la résurrection de Nôtre-Seigneur Jésus-Christ.

  Cette fête est ainsi appelée à cause de sa ressemblance avec la Pâque juive, dont le nom, comme celui de la fête chrétienne, signifie passage.

Pour les Hébreux, rappelait le passage de l'Ange exterminateur épargnant les maisons marquées du sang de l'agneau, le passage de la Mer Rouge et la délivrance de la servitude de l’Égypte. Pour les chrétiens, la Pâque commémore l'immolation du véritable agneau pascal et son passage de la mort du péché à la vie de la grâce pour les pécheurs repentant.

  Cependant, le mot Pâques ne se trouve pas dans le Missel ; l’Église appelle ce jour le dimanche de la résurrection pour mieux attirer nôtre attention sur l'objet principal de la fête, la résurrection de Notre-Seigneur, base de nôtre foi.

 

     Dès l'origine, les latins célébraient la fête de Pâques comme aujourd'hui, le dimanche après le 14eme jour de la lune qui suit l’équinoxe du printemps, tandis que les églises d'Orient la célébraient le même jour que les juifs, c'est-à-dire, le 14eme jour de la lune de mars sans se préoccuper du jour de la semaine.

  Comme Notre-Seigneur est ressuscité un dimanche, le Concile de Nicée de 325 condamna l'usage oriental et mis au nombre des hérétiques les quartodécimans, c'est-à-dire, ceux qui célébraient la fête de Pâques le quatorzième jours de la lune.

 

     La fête de Pâques est la plus grande et la plus solennelle de toutes parce-que la résurrection de Jésus-Christ et le plus grand et le plus glorieux de ses mystères et le fondement de notre religion et de notre espérance.

  La résurrection de Jésus-Christ est le plus grand et le plus glorieux de ses mystères, car, par sa résurrection, Jésus-Christ a confirmé tout ses miracles, justifié toutes ses promesses, confondu ses ennemis et vaincus la mort. Elle est le fondement de notre religion, parce-que elle prouve la divinité de Notre Seigneur et par conséquent la vérité de sa religion ; elle est aussi le fondement de notre espérance parce qu'elle nous fait espérer la résurrection future de nos corps, dont elle est à la foi le gage et le modèle.

 

     L’Église manifeste sa joie en cette fête pascale et durant toute son octave par des chants d'allégresse et de victoire. Cette joie éclate particulièrement dans de nombreux Alleluia, dans l'antienne Hoec dies, dans les proses Victimoe paschali laudes et O fillii.

 

     parmi les anciennes cérémonies ou coutumes de la fête de Pâques, trois ont laissé quelques souvenirs.

  1. Après la messe de ce jour, le célébrant bénissait du lait, des œufs, de la viande, dont l'usage, interdit pendant le Carême, redevenait alors permis. Cette ancienne cérémonie, depuis longtemps abandonnée, est l'origine des œufs rouges et des œufs de Pâques qui s'offrent encore en cadeaux.

  2. lorsque le baptême des catéchumènes avait lieu dans la nuit de Pâques, après le 3eme psaume des Vêpres de la fête, le clergé, et les néophytes en robe blanche, se rendaient en procession au baptistère, cierge pascal en tête, en chantant le 4eme psaume, le Laudate pueri Dominum qui avait pour but d'exciter les nouveaux baptisés à louer Dieu ; au baptistère, l'officiant demandait à Dieu, pour les néophytes, la grâce de la conservation de leur innocence baptismale ; au retour, on chantait le 5eme psaume, l'In exitu Israël, qui célébrè la délivrance des Hébreux, figure de la délivrance de l'esclavage du pêché que le sauveur a méritée à tout les hommes par sa mort et sa résurrection. Cette procession se fait encore dans plusieurs Églises.

  3. Durant les 1er siècles, les chrétiens se saluaient, le jour de Pâque, en disant, : "le Christ est ressuscité. - Oui il est vraiment ressuscité", et ils s'embrassaient en signe de joie, et de pardon pour toutes les peines qu'ils avaient pu se faire. Cette pratique s'est encore plus ou moins conservé en Pologne et en Russie.

  

     L'octave de Pâques est privilégiée ; on n'y fait la fête d'aucun saint, et chaque jour a sa Messe propre. a l'origine tous les jours de cette octave étaient chômés. Au XIIIeme siècle, on ne chômait plus que les trois premiers jours. Actuellement le travail est permis tout les jours.

  Cette octave a ceci de particulier qu'elle commence le Samedi Saint et finis le samedi suivant. le 1er dimanche après Pâques n'en fait donc pas partie.

  Durant cette Octave, l’Église se préoccupe surtout des néophytes et de tous les chrétiens, qu'elle s'efforce d'affermir dans la foi en rappelant les principales apparitions de Nôtre-seigneur.

 

 

DIMANCHES APRÈS PÂQUES

 

 

   1. Il y a cinq dimanches après Pâques. Le premier est vulgairement appelé dimanche de Quasimodo, du mot qui commence l’Introït, ou Pâques closes, parce qu'il termine les solennités pascales. Dans le Missel on le nomme dimanche in albis qu'il faut traduire, avec les mots sous-entendus, dimanche après le dépôt des vêtements blancs, parce que la veille, les néophytes avaient déposé leur robe blanche qu'ils portait depuis la veille de Pâques.

  Cette dernière appellation ne figure dans le Missel que depuis le XVIIe siècle. Précédemment on disait, avec plus de raison ; "dimanche post albas, dimanche après le blanc".

 

     2. Le deuxième dimanche après Pâques est appelé dimanche du Bon Pasteur à cause de l’Évangile du jour ou Jésus se présente a nous sous cette dénomination.

  Dans les catacombes et les basiliques de la primitive Église, le Christ est souvent représenté sous la figure du Bon Pasteur, pour signifier la tendre compassion du sauveur pour l'âme fidèle.

 

     3. Les Évangiles des trois autres dimanches après Pâques sont extraits du discours après la Cène : Nôtre-Seigneur prédit son prochain départ à ses Apôtres, les console par l'annonce de la venus du Saint-Esprit et leur demande de prier en son nom.

 

CALENDRIER LITURGIQUE

 

 

 

 

 

TEMPS DU CARÊME

 

 

     1. Le Carême est un temps de jeûne  et d'abstinence, institué pour honorer et imiter le jeûne de Notre-Seigneur dans le désert et nous préparer par la pénitence à la grande fête de Pâques.

     Le jeûne du Carême (de quadragésime, quarantaine) commence le mercredi des Cendres, dure 40 jours et se termine le samedi Saint a midi.

     Saint Jérôme fait remarquer que ce nombre 40 est généralement celui de la peine, de l'affliction, de la pénitence. Les eaux du déluge tombèrent pendant 40 jours et 40 nuits ; Moïse et Élie se préparèrent a s'approcher de Dieu, le 1er sur le Sinaï, le second sur l'Horeb par un jeûne de 40 jours ; en punition de leurs murmures, les Juifs errèrent pendant 40 ans dans le désert ; enfin Notre-Seigneur voulut se soumettre aux rigueurs d'un jeûne de 40 jours pour nous donner un exemple a imiter.

 

     2. Le jeûne du Carême serait d'institution apostolique. Sa durée et le temps sur lequel il s’étendait varia beaucoup au cours des 1ers siècles, comme on la vus à propos de l'origine du temps de la Septuagésime.

     A Rome, vers le VIIIe siècle, aux 6 semaines de jeûne qui précédaient Pâques (dimanches exceptés, ce qui donnait 36 jours) on ajouta les 4 derniers jours de la semaine avant Pâques, pour parfaire le nombre de 40 jours de jeûne. Cette pratique est aujourd'hui universelle dans l’Église romaine, excepté dans l’Église de Milan qui a conserver l'ancien usage : son jeûne commence le lundi de la Quadragésime et dure 36 jours.

 

     3. Le Carême n'est pas seulement un temps de jeûne et d'abstinence, auxquels tout le monde, à cause de l'age ou de la faiblesse, ne peut pas se livrer, mais un temps de pénitence, de prière et de recueillement.

     C'est cette idée de sainte quarantaine de vie chrétienne plus intense, de retraite spirituelle, qui dominait, lorsque, à l'origine le premier dimanche de cette quarantaine fut appelé Quadragésime, c'est-à-dire 40e jour avant Pâques. Ce dimanche était bien le 40eme jour, non pas avant le dimanche de la Résurrection, mais avant le vendredi de la mort du Sauveur, car au IIIe et au IVe siècle les fêtes pascales comprenaient, comme dit saint Augustin, " le très saint triduum du Sauveur crucifié, mis au tombeau et ressuscité ".

     La Secrète du dimanche de la Quadragésime nous rappelle, en effet, qu'a l'origine, le mot sainte-quarantaine s'appliquait au temps du Carême et non au nombre de jours de jeûne puisqu'on y lit : " Seigneur, nous immolons solennellement ce sacrifice au commencement de Carême..." De même, la récitation publique des heures canoniales ne tient pas compte des quatre jours de jeûne qui précèdent ce premier dimanche de Carême, puisque les Vêpres continuent à se dire, jusqu'au samedi avant la quadragésime, à l'heure habituelle et non avant midi, comme en Carême.

 

     4. A partir du VIIe siècle au moins, les chrétiens de Rome, pendant le Carême, assistaient tous les jours a une Messe stationnale. C'est pourquoi le missel romain  contient une messe pour chacun des jours du carême et l'indication de l’Église stationnale. Dans d'autres pays comme en Gaule, ils n'y assistaient que le dimanche, le mercredi et le vendredi.

     Ce n'est pas d'un seul coup que les Messes stationnales furent établies à Rome pendant la sainte Quarantaine ........ Ce ne fut qu'au VIIe siècle que les jeudis eurent leur messe stationnale, parce que jusque-là, le jeudi avait été le jour consacré à Jupiter (c'était le dimanche des païens) et il ne fallait pas, par une cérémonie religieuse, paraitre s'associer à leur fête.

     A Rome, la Messe stationnale, en Carême, se disait après None, à 3 heures du soir ; elle était suivie des Vêpres et ce n’était qu'après, vers le coucher du soleil qu'on rompait le jeûne. Plus tard, la Messe et les Vêpres furent avancées et le repas fut porté à 3 heures, vers le XIIIE siècle, et à midi, vers le XIVe siècle.

 

Carême
Carême

 

 

 

     5. Il y a une Messe spéciale avec lectures et chants propres pour chacun des jours du carême, parce que l’Église comptait sur cette quarantaine pour instruire les fidèles et préparer les catéchumènes au baptême et les pénitents à l'absolution. C'est en effet la préparation des catéchumènes au baptême et des pénitents au pardon qui forme le thème principal des lectures et des chants du Carême.

  1. dans les Évangiles, elle enseigne aux pécheurs qu'il n'y a de salut pour eux qu'en imitant le jeûne de Notre-seigneur, c'est à dire en faisant pénitence ; à tous elle montre les heureux effets des sacrements de Pénitence et d'Eucharistie. Elle rappelle les principaux enseignements et les grands faits de la vie publique du Sauveur ; son sermon sur la montagne, ses nombreuses instructions sur le jeûne, la charité, le pardon des injures ; ses paraboles de Lazare et du mauvais riche, des vignerons homicides, de l'Enfant prodigue ; ses guérisons du serviteur du centenier, de la fille de la Chananéenne, du paralytique de la piscine probatique, de l'aveugle né ; sers miracles de la multiplication des pains, des vendeurs chassés du temple, de sa marche sur les eaux, de sa transfiguration ; ses résurrections du fils de la veuve de Naïm, de Lazare.
  2. La préface qu'elle fait lire jusqu'au dimanche de la Passion parle des avantages du jeûne qui réprime les vices et engendre les vertus.
  3.  Aux Vêpres, elle chante l'hymne Audi benigne et aux saluts, dans plusieurs diocèses, l'Attende ; ces deux chants répondent bien aux sentiments de pénitence et de prières qui caractérisent ce saint temps du Carême. 

      6. Aujourd'hui, les fidèles assistent rarement aux offices de la semaine et lisent peu les paroissiens publiés à leur usage, aussi, pour suppléer à ce défaut d'instruction, l’Église a-t-elle établi les stations de carême durant lesquelles les prédicateurs s'efforcent de préparer les chrétiens à se confesser et à faire une bonne communion pascale.

 

  7. Aux signez de tristesse et de pénitence de la Septuagésime:ornements violet, suppression de l'alleluia, du Gloria in excelsis, du Te Deum, de l'Ite Missa est, l’Église ajoute encore pendant les offices du temps, à l'exception du dimanche Lœtare (4e du Carême), l'interdiction de jouer de l'orgue et de mettre des fleurs sur l'autel ; elle enlève au diacre la dalmatique et au sous diacre la tunique ; les jours de jeûne, après la Postcommunion, elle récite une oraison sur le peuple précédée de l'invitation à l'humilité ; "Humiliez vos têtes devant Dieu". La célébration solennelle des mariages est également interdite.

     Autrefois les tribunaux suspendaient leurs travaux ; la chasse et la guerre étaient prohibées afin de consacrer le plus de temps possible à la prière e taux bonnes œuvres.

 

     8. En ce temps de pénitence, il n'y avait autrefois aucune fête de saints. Les Grecs ont conservé cet usage, car ils pensent que la célébration des fêtes est incompatible avec le jeûne ; ils ne font exception que pour les fêtes de l'Annonciation, 25 mars, et de saint Mathias, 24 février. L’Église romaine est moins rigoureuse ; cependant elle n'en admet qu'un tout petit nombre, par respect pour l'ancienne coutume.

     Les Grecs schismatiques poussent l'exagération jusqu'à prétendre que la communion sous les deux espèces est capable de rompre le jeûne. C'est pourquoi ils ne disent la Messe que le samedi et le dimanche, qui ne sont pas jours de jeûne. A la Messe du dimanche, le célébrant consacre six hosties, en consomme une et garde les cinq autres pour les jours suivant, où ils ont seulement, comme les Catholiques le Vendredi Saint, une Messe des présanctifiés.

 

     9. Le Carême compte six dimanches qui sont désignés soit par le premier mot de l'Introït, soit par le sujet de l’Évangile.

     Les jours les plus remarquables du temps du Carême sont : le mercredi des Cendres, le 4e dimanche, le dimanche de la Passion, le dimanche des Rameaux, et les trois derniers jours de la Semaine Sainte.

 

 

    

 

                                   

             

Les « 16 conseils pour acquérir le trésor de la Science » de Saint Thomas d'Aquin

 

 

 

Voici les « Seize conseils pour acquérir le trésor de la Science » de Saint Thomas d'Aquin (1225-1274), Docteur de l'Église, Prêtre Dominicain et Saint Patron de l'Enseignement Catholique.


Les « 16 conseils pour acquérir le trésor de la Science » de Saint Thomas d'Aquin :

Puisque tu m'as demandé, mon très cher ami dans le Christ, comment tu dois étudier pour acquérir le trésor de la science, voici les 16 conseils que je te donne :

1.- Entre dans la mer par les petits ruisseaux, non d'un trait ; car c'est par le plus facile qu'il convient d'aller au plus difficile. Tel est mon avis et ma recommandation.
2.- Je veux que tu sois lent à parler, lent à te rendre là où l'on parle.
3.- Garde la pureté de ta conscience.
4.- N'abandonne jamais l'oraison.
5.- Aime beaucoup ta cellule, si tu veux être introduit dans le cellier à vin.
6.- Montre-toi aimable avec tous.
7.- Ne t'enquiers en rien des actions d'autrui.
8.- Ne sois pas trop familier avec personne, car trop de familiarité engendre le mépris et conduit à s'arracher à l'étude.
9.- Ne te mêle nullement des paroles et des actions des gens du monde.
10.- Fuis par-dessus-tout les démarches inutiles.
11.- Imite la conduite des saints et des hommes de bien.
12.- Ne regarde pas à qui tu parles, mais tout ce qui se dit de bon, confie-le à ta mémoire.
13.- Ce que tu lis et entends, efforce-toi de le comprendre.
14.- Assure-toi de tes doutes.
15.- Tout ce que tu pourras, efforce-toi de le ranger dans la bibliothèque de ton esprit, comme celui qui veut remplir un vase.
16.- Ne cherche pas ce qui te dépasse.

En suivant cette route, tu porteras et produiras, pendant toute ta vie, des feuilles et des fruits utiles dans la vigne du Seigneur des Armées. Si tu t'attaches à ces conseils, tu pourras atteindre ce que tu désires. Adieu.


Saint Thomas d'Aquin (1225-1274)